Yemen’s war : L’attaque des drones

La situation actuelle du Yémen est très délicate, bien que la plupart des médias ne relatent pas l’information au premier plan. Cet article, volontairement succinct, a pour but d’éclairer quelques points sur la guerre qui se déroule dans ce pays pauvre de la péninsule arabique.

La République du Yémen

  • Capitale : Sanaa
  • Nombre d’habitants : 25,4 millions (en 2013)
  • Densité : 48 habitants par km2
  • Monnaie : Rial yéménite
  • Religion : majoritairement musulmans (55% sunnites/45% chiites) et une minorité juive
  • Président actuel : Abd Rabbu Mansour Hadi (président depuis 2012, successeur du dictateur M. Saleh)

Yémen

Qu’est ce qu’un drone de combat ?

Le but premier d’un Uninhabited Aerial Vehicle (UAV), que l’on connaît sous le nom de drones, est de réaliser des missions précises. Selon l’Onera, établissement public français de recherche dédié au secteur aéronautique et spatial, “les drones sont des aéronefs capables de voler et d’effectuer une mission sans présence humaine à bord”.

90% du marché mondial de ces appareils volants sont dédiés à l’armée : observation, surveillance aériennes mais aussi attaques armées sont les missions principales réalisées par les drones.

Les drones sont très prisés dans ce milieu car, du fait qu’ils sont sans pilote, ils suppriment tous les risques pour l’équipage, qui guident les drones du sol, dans des bases militaires qui se situent parfois à l’autre bout du monde par rapport au lieu d’attaque.

Les drones américains au Yémen

Depuis quelques mois, le succès des drones au Yémen a été applaudi par les médias internationaux. Je pense notamment à la mort de Nasser Al-Wahishi, chef d’Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA) survenue en juin dernier grâce à une attaque de drones commanditée par les USA.

Le gouvernement américain a fait du Yémen un théâtre d’opérations de drones. Juste après le Pakistan, le Yémen est le pays qui a connu le plus d’attaques de drones américains.

En 2012, Obama soutient l’attaque des drones pour tuer des dirigeants d’AQPA. On recense cette année-là 56 bombardements (contre 18 en 2011), faisant entre 404 et 593 victimes, selon les estimations. Si des personnes importantes et influentes au sein du réseau terroristes ont bien été touchées, les dégâts causés par les drones attisent des tensions du peuple yéménites envers l’armée américaine. Dommages matériels et victimes civiles : le lourd bilan dû aux attaques de drones entraîne une montée de mouvements anti-américains qui profite malheureusement à AQPA.

Le 23 avril 2013, un journaliste et militant pour les droits de l’homme témoigne devant le Comité judiciaire du Sénat des Etats-Unis pour décrire la destruction de son village et parler de la perte de 5 de ses habitants qui n’avaient rien à voir avec AQPA. Pour contrer la polémique qui s’en suit, Obama a demandé à renforcer l’encadrement de l’usage des drones. Les frappes de drones ont d’ailleurs baissé au nombre de 26 en 2013, causant tout de même entre 115 et 145 victimes.

Une situation délicate 

Le Yémen est l’un des pays les plus pauvres du monde. En 2014, le pays figurait 154e dans le classement de l’indice de développement humain, sur 187, et était 8e sur 167 dans le classement des “pays à risque”. La présence d’AQPA ne fait qu’augmenter le sentiment d’insécurité. La branche terroriste, qui profite de l’instabilité politique, attaque principalement les ressources économiques comme les oléoducs, et les symboles étrangers.

Le site internet Vision Of Humanity donne une vision claire et efficace de l’augmentation, au fil des ans, du nombre d’attentats. En voici quelques chiffres :

  • en 2008 : 22 attentats terroristes
  • en 2010 : 104 attentats terroristes
  • en 2013 : 295 attentats terroristes

Le pays est également déchiré de l’intérieur, avec une guerre civile :

  • Au Nord, soutenus par l’ancien président Saleh, les Houthis (des chiites) dénoncent leur marginalisation et demandent donc plus d’autonomie. Ce sont les Houthis qui sont définis dans les médias par le terme “rebelles”. Ils sont supportés par l’Iran, et revendiquent la “Mort aux Américains”. Cette haine est née, comme vu plus haut, à cause des drones qui font des victimes civiles yéménites lors des attaques.
  • Au sud, le Mouvement du Sud (dominance sunnite) menace de séparer le pays de sa partie méridionale.

AQPA vs les USA au Yémen

La défense du Yémen intervient dans la guerre contre les groupes terroristes, il semble donc normal que les américains soient présents sur ce territoire. Les USA, via cette guerre, accompagnent militairement l’Arabie Saoudite, mais surtout, attaquent indirectement l’Iran, qui, n’oublions pas, soutient les Houthis. Le terrain de la bataille, le Yémen, occupe une situation géographique clé, qui est un enjeu supplémentaire dans cette gueurre. Le pays donne accès sur la partie sud de la mer Rouge, avec le détroit de Bab Al Mandeb. Il fait le lien entre le continent africain et les pays de la péninsule arabique. Par ailleurs, les sols yéménites contiennent de vrais trésors : gaz naturel, pétrole, or, zinc…  Ce qui explique l’intérêt de chaque partie à écarter l’ennemi sur ces terres.

Pour ou contre ?

L’utilisation de drones de combat constitue encore un sujet sensible, notamment pour l’éthique :  le militaire prend les commandes du drones comme s’il maniait un jeu vidéo : la distance minimise l’impact psychologique, car le “pilote” est plus ou moins déconnecté de la réalité de ses gestes. Le film Good Kill, réalisé par Andrew Niccol résume bien ce sentiment. Pour la bande annonce, c’est par ici :

Même si savoir que des civils innocents se font tuer par des attaques de drones est difficile à supporter, il ne faut pas oublier que les drones permettent une guerre presque “propre”, en comparaison avec les attaques sur le terrain. Le nombre de victimes est bien inférieur à celui du aux autres types de guerres.

En parallèle à cela, on peut se demander quelle est l’efficacité réelle des drones, car les retombées ne sont pas que positives : les drones ont beau être présents sur le territoire, le nombre d’attentats augmente; ce qui montre bien que leur mission de “reconnaissance” ne sont pas si perfectionnées que cela…

Et vous, que pensez-vous des drones de combat ?

Pour aller plus loin…

DATA GUEULE – Game Of Drones https://youtu.be/

William Saletan (traduit par Antoine Bourguilleau), Les drones tuent des civils, mais sans eux ce serait pire, publié le 13 mai 2015 sur Slate.fr

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1 Commentaire

  1. 28 octobre 2015 / 16 h 00 min

    Pour lire le livre “Agent au coeur d’Al Qaida” on voit que le gouvernement Yéménite joue sur 2 tableaux et que les élites Yéménite finance ouvertement Al Qaida..
    Très bon livre au passage.
    Pour les drones le coût d’opération terrestre et les dégats politiques de Soldats tués clos le débat du leur utilisation :).
    Bise

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