Sauvons la planète, sauvons les abeilles

Il y a des sujets qui me tiennent à cœur, des causes pour lesquelles j’ai envie de me battre. La sauvegarde des abeilles en fait partie. Grâce/A cause du confinement, on a du temps pour prendre du recul, et réfléchir sur ce qui nous entoure, ainsi que sur cette planète qui nous accueille. On a également le temps d’agir.  

Le « syndrome d’effondrement des colonies » (Colony Collapse Disorder) est observé par des apiculteurs du monde entier depuis 1998. Soit, cela fait plus de 20 ans que des pans entiers de colonies d’abeilles disparaissent de manière brutale. Tandis que jusqu’ici, le taux de mortalité annuel était de 5 à 10% chez les abeilles « domestiquées », on recense aujourd’hui des cas pouvant atteindre 90%.
Chaque hiver, la population d’abeilles diminue de 30% en France. « Ces vingt dernières années, la production de miel dans l’Hexagone a été divisée par deux » selon Vincent Bretagnolle, écologue au Centre d’études biologiques de Chizé. Même si je suis une grande fan du miel et de ses bienfaits, la perte de colonies d’abeilles affectent notre monde par un autre aspect bien plus important que le remplissage des rayons de nos magasin. 

Les abeilles sont indispensables dans notre écosystème. Ce sont des pollinisateurs essentiels qui permettent la reproduction des plantes. En bref, pas d’abeille, pas de plante. Et pour aller plus loin : pas de plante, plus de vie. L’INRA a publié une étude en 2006 démontrant que 35% de la production mondiale de nourriture est directement dépendante des pollinisateurs. Le simple butinage des abeilles permettent ainsi à différentes cultures de continuer à persister :

  • Agriculture fruitière,
  • Grandes cultures oléagineuses et protéagineuses,
  • Production de semences (carottes, oignons, endives etc),
  • Agriculture maraîchère…

En d’autres termes, les courges, les fraises, les épices, le cacao, les amandes, les châtaines, l’ail, les framboises… La liste des aliments concernées est si longue ! Les abeilles pollinisent à elles seules plus de 80% des plantes comestibles.  Conséquences ? Les animaux qui dépendent de cette nourriture ont de plus en plus de mal à trouver de quoi se nourrir. 

Les causes de ce déclin sont nombreuses. Vous avez certainement entendu parler du frelon asiatique, cet insecte prédateur qui mange d’autres insectes, dont l’abeille. Il peut tuer jusqu’à 70 abeilles par jour. Par conséquent, s’il trouve une ruche, il la décime en quelques semaines. Le frelon asiatique a été classé en 2012 comme « danger sanitaire » de niveau 2 sur une échelle de 3. Il serait arrivé en France par inadvertance en 2004, lors d’une livraison par conteneur de poteries importées de Chine, commandées par un horticulteur du Lot-et-Garonne. Même si aujourd’hui, le frelon asiatique est l’ennemi numéro 1 de l’abeille, le déclin de ces dernières a commencé bien avant l’invasion du frelon. 

La perte de biodiversité est certainement la source principale du problème. Le « patient 0 ». La prolifération de monoculture, la déforestation, les élevages intensifs ont eu et continuent d’avoir un impact sur l’écosystème. En France, les champs de mais ou de blé ont pris la place d’autres cultures. Sauf que l’abeille, ne butine pas le maïs, ni le blé. En moyenne, une abeille va chercher de quoi butiner dans un rayon de 3km autour de sa ruche. Si elle ne trouve pas de quoi se nourrir, et bien sans surprise, sa population est en déclin.  C’est le serpent qui se mord la queue, l’abeille permet à la nature de continuer à exister, de se renouveler. Mais sans une nature riche et variée, elle cesse d’exister. 

En parallèle, je n’ai pas besoin, je pense, de m’étendre sur l’impact de l’utilisation des produits toxiques. Les abeilles s’empoisonnent. Perdent leur repère et n’arrivent plus à retrouver leur ruche. J’ai appris, en discutant avec une marque de miel, quelque chose de fou, et qui en réfléchissant est logique : vous savez où se trouve le miel français le plus bio ? … en ville! Le miel de Paris est bien plus pur que celui de nos campagnes. Les produits phytopharmaceutiques chimiques ont été interdits en ville par la loi depuis quelques temps. Pour aller plus loin, Paris, Lille, Nantes, Clermont-Ferrand et Grenoble ont annoncé l’année dernière vouloir même totalement interdire toute forme de pesticides sur leur territoire. De multitudes d’entreprises se sont engagées à mettre des ruches sur leur toit. En 2015, Paris comptait déjà plus de 700 ruches, gérées par un organisme tiers, ce qui nous permet aujourd’hui de pouvoir goûter du miel urbain naturel. 

En tant que particulier, nous pouvons également aider et sauver, à notre échelle, les abeilles.

Comment agir ?

1/ Mieux acheter votre miel

Consommer local ! Des marques de miel présentes en supermarché importent du faux miel de Chine. 
La Chine a une méthode bien particulière pour nourrir les abeilles : les ruches sont placés dans des entrepôts, dans lesquels on retrouve plein de bassins d’eau sucrée ! Les abeilles ne butinent donc aucune plante, et se nourrissent que de sucre, ce qui forcément, se ressent dans le miel. Elles sont beaucoup plus productives, et n’ont aucune connaissance de la saisonnalité… De plus, une fois le miel prélevé, il est bien souvent coupé avec du sucre (encore). Ce que vous retrouvez dans votre pot n’est pas du miel.  Malgré cela, la Chine est le premier importateur mondial de miel ! Je trouve ça révoltant, pas vous ?

Les Français consomment 4 fois plus de miel que ce que peut produire le pays. Par conséquent, beaucoup de miel sont importés. Acheter local permet d’aider les apiculteurs français à se développer, et contribue à la sauvegarde d’emploi.

2/ Adopter une ruche

J’en ai parlé dans mon dernier article ici. Les apiculteurs ont des pertes considérables dues aux facteurs énoncés plus haut. Afin de les soutenir et de les aider à se développer, il est possible d’adopter des abeilles. Je trouve le concept génial ! Pour ma part, je suis passée par le site Un Toit pour les Abeilles : j’ai choisi un apiculteur et un nombre d’abeilles à parrainer pour un an. En échange, je vais recevoir un certain nombre de pots de miel issu de ma ruche  ! Canon, non ? J’ai même pu personnaliser mes étiquettes (j’ai appelé ma ruche « Bee’Scuit » :)).  

3/ Planter des fleurs

Les abeilles pourront ainsi se nourrir sur votre jardin ou balcon. Il est idéal de privilégier des graines bio de plantes mellifères (vous trouverez la liste sur google, le choix est grand!). Je vous conseille de laisser un coin de votre jardin en l’état « sauvage » : ne tondez cet espace que très rarement, voir jamais. Les plantes sauvages pourront ainsi s’épanouir. De nombreuses communes ont d’ailleurs pris le parti de ne tondre les ronds points et autres coins fleuris qu’aux prémices de l’hiver, permettant ainsi aux abeilles de trouver de quoi butiner pendant un laps de temps plus élargi. 

Si jamais vous n’avez pas d’espace extérieur, mais avez la volonté d’aider, Un Toit pour les Abeilles (encore!) a une super solution : des Fleurs pour les Abeilles. Ce projet consiste à parrainer des m² de champs où seront plantées des graines bio. Lancé en 2010, des Fleurs pour les Abeilles a permis de planter des fleurs de champs sur une surface de 40 hectares. Niveau coût, c’est 0.10€ par m² (plus que raisonnable!).

4/ Placer un hôtel à insectes près de chez vous

et même dans votre jardin ! Il existe des hôtels à insectes de toute sortie qui permettent ainsi aux insectes pollinisateurs d’y trouver refuge. Certains hôtels sont constitués de nichoirs pour les abeilles solitaires, leur permettant ainsi de s’abriter et d’y pondre ses oeufs. Les abeilles solitaires ne sont pas rattachées à une ruche et ne produisent pas de miel. Mais elles butinent aussi, et ne représentent aucun danger pour l’homme. Vous pouvez donc en attirer dans votre jardin sans risque.

Si vous êtes doués de vos mains, il est possible de construire un nichoir à abeilles : dans une bûche de bois naturel, percez des trous de 10 cm de profondeurs minimum, et un diamètre de 5 à 10 mm (en espaçant les trous d’environ 2cm). Positionnez ensuite le nichoir à 30 cm du sol minimum, orienté sud, et protégé des intempéries. 

Sinon, il est possible d’en acheter dans pleins de magasins et boutiques en ligne.

5/ Transmettre l’information

A vous de jouer. Parlez à vos proches des signes alarmants du syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles. Partagez cet article autour de vous. Motivez votre famille, vos amis à installez un hôtel à insectes dans leur jardin, à consommer au mieux le miel, à planter des fleurs… Tous ensemble, on peut sauver les abeilles.

Il faut butiner 1 million de fleurs pour récolter 1kg de miel !

Voici quelques photos prises l’été dernier, lors d’une visite chez un apiculteur : 

ruche abeilles apiculteur
miel apiculture
abeille ruche

& oui, c’est moi sur la photo, qui apprends comment récolter du miel 🙂

J’espère que cet article vous a plu, et surtout, qu’il vous a permis d’ouvrir les yeux sur la situation, et la nécessité d’agir. 
J’ai en tête également d’écrire un article sur les bienfaits du miel, ça vous intéresse ?

Belle fin de semaine,

Alexandra

Cet article a 2 commentaires

  1. Hâte de goûter ce miel 😃

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