Monsanto : On va se prendre un verre de glyphosate ?

“Tu veux un verre de glyphosate ? C’est Monsanto qui paye sa tournée !”

De quoi s’agit-il ?

Ce nom compliqué est celui du composant principal du Roundup, un herbicide non sélectif ultra performant crée et commercialisé par l’entreprise américaine Monsanto.

Monsanto…

Ce nom terrifie beaucoup de personnes dans le monde entier. Voici un très rapide et bref historique de la firme, afin de visualiser le contexte :

  • 1901 : Monsanto voit le jour et devient, quelques années plus tard, le premier fabricant américain de saccharine (édulcorant).
  • 1960 : La Division Agriculture de Monsanto se crée
  • 1974 : le Roundup voit le jour et est commercialisé.
  • 1982 : Les scientifiques de Monsanto sont les premiers à modifier la génétique d’une cellule végétale… Les OGM sont nés.
  • 1996 : Monsanto crée et met en vente des graines qui, grâce à une modification cellulaire, résistent aux effets du Roundup.
  • 2007 : En partenariat avec une autre entreprise, Monsanto développe un maïs combinant huit éléments génétiques…
  • 2008 : Monsanto publie ses objectifs à réaliser d’ici 2030 : le Sustainable Yield Initiative souhaite favoriser une agriculture durable : “Produire plus”, “Préserver plus”, “Améliorer la qualité de vie”. En cliquant ici, vous en apprendrez davantage sur l’agriculture selon Monsanto. Monsanto veut doubler le rendement de mais, de soja, de coton et de colza d’ici 2030…
  • 2009 : L’entreprise lance divers programmes dont Programme International Beachell-Borlaug, qui vise principalement à capter les talents et les former à l’amélioration génétique du riz et du blé, qui sont les deux plus importantes cultures alimentaires au monde…

Le glyphosate, dangereux ?

En mars 2015, l’OMS a enfin admis que le glyphosate était potentiellement cancérigène. Ce à quoi Monsanto a répondu qu’aucune “raison légitime ne [vient] justifier cette décision”.

Cependant, selon plusieurs sources, l’entreprise serait au courant des effets néfastes de son produit, et cela depuis plusieurs décennies. Officiellement, Monsanto a publié des résultats attestant le contraire. Mais ces analyses concernent la santé de rats exposés au Roundup depuis seulement 3 mois. Or, d’après quelques études, il y a bien des apparitions de symptômes lorsqu’un organismes est en contact avec le produit; mais il n’y a pas d’indication précise quant à la durée nécessaire pour être empoisonné. 1 mois ou 1 an, peu importe. Le fait est que le glyphosate, contenu dans le Roundup, provoquerait divers problèmes de santé : obésité, diabète, maladies cardiaques, intolérance au gluten, Alzheimer, stérilité, autisme, cancer… De plus, le produit causerait une résistance aux antibiotiques, ce qui signifie que les personnes malades exposées auraient, en plus, du mal à se soigner car les médicaments agissent difficilement, voir plus du tout….

Pour la première fois, une mesure drastique est envisagée : Madame Segolène Royal, ministre de l’écologie, veut interdire la vente libre du Roundup dès janvier 2016. Cette avancée permet de reconnaître publiquement les dangers du pesticides. Monsanto a tout de suite réagit et compte s’opposer à cette interdiction. La bataille va commencer…

skull danger

Un contrôle génétique absolu

Voici quelques exemples des capacités scientifiques de Monsanto…

Le Roundup est non sélectif et détruit tout sur son passage. Pour favoriser la culture tout en poursuivant les ventes du Roundup, la frime a trouvé la solution : vendre des graines, génétiquement modifiées, qui résistent au produit. Comment cela est possible ? Ce n’est, bien sûr pas sur l’étiquette d’usage : les végétaux issus des graines absorbent le Roundup, mais ne le rejettent pas. Le composant chimique se retrouve donc dans nos assiettes…

Ces graines, et bien d’autres, sont assujetties à une redevance que doit remettre chaque année les agriculteurs clients de l’entreprise. Mais Monsanto a également réussi à aller plus loin : rendre les récoltes issues des graines totalement stériles. Ce projet technologique, connu sous le nom de Terminator (ce n’est pas une blague), permet d’empêcher une réutilisation du produit, et donc, de stimuler leur chiffre d’affaires : les agriculteurs, sous contrat avec Monsanto, doivent donc racheter des graines à chaque saison pour de nouvelles récoltes.

Le règne morbide de Monsanto

Monsanto est partout et a une solution pour tout. Agent orange, PCB, Roundup, OGM…. De vraies armes chimiques à retardement, dont la plupart des gouvernements, notamment à cause du lobbying, refusent d’admettre le réel danger.

L’agent orange a été produit par Monsanto. Il s’agit d’un herbicide très puissant, utilisé par l’armée américaine entre 1961 et 1971 pour défolier les forêts et détruire les récoltes des guérillos vietnamiens. Quelle a été la conséquence de l’utilisation de ce produit nocif ? Des malformations à la naissance, des cancers et autres maladies apparues même des années après la fin des combats.

On a tendance à l’oublier, peut être volontairement, mais cette entreprise fait également partie des groupes agroalimentaires internationaux les plus puissants. En effet, Monsanto détient 80% du marché du maïs américain et 93% du marché du soja.

En Europe, la réglementation en vigueur nous permet d’avoir une visibilité sur l’origine de nos aliments.

“Pour tous les aliments destinés aux humains et aux animaux échangés au sein de l’Union européenne, ou importés de pays tiers, la traçabilité est obligatoire et toute présence d’OGM supérieure à 0,9% dans l’un des ingrédients, doit être précisée sur l’étiquetage. En revanche, la réglementation n’impose pas d’étiquetage spécifique pour les denrées alimentaires (lait, charcuterie, plats cuisinés) issues d’animaux d’élevage nourris avec des cultures transgéniques.” (selon le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie)

Aux Etats-Unis, il n’y a aucune politique officiellement de traçabilité des OGM. Un référendum visant à rendre obligatoire l’étiquetage des produits a d’ailleurs eu lieu en 2012 mais c’est le “non” qui l’a emporté. Selon les pro-OGM, cette loi reviendrait à stigmatiser les OGM au profit des produits “naturels” et donc entraîner une concurrence déloyale. Ce qui sont contre les OGM retiennent surtout que les puissantes entreprises de l’agrochimie et de l’agroalimentaire, dont Monsanto fait bien entendu partie, ont pu investir 45,6 millions de dollars en campagne de communication visant à orienter le vote. Leurs rivaux, composés d’associations et d’organisations écologistes, ne disposaient que de 8,7 millions…

La puissances des groupes comme Monsanto est indiscutable. Alors que des accords entre l’Europe et l’Amérique du Nord sont en train d’être négociés (le TAFTA), Monsanto expose publiquement ses ambitions pour notre cher continent.  Officieusement, Monsanto espère voir la réglementation européenne s’assouplir afin de devenir un acteur majeur du marché européen.

Affaire à suivre…

Nous sommes tous concernés, malgré nous…

Voici quelques marques de notre quotidien dont les sociétés productrices utilisent des produits Monsanto :

  • Coca-Cola et les dérivés
  • Cadburry : Carambar, Malabar, chewing-gum Hollywood
  • Campbell : Liebig
  • Capri-sun
  • General Mills : Géant Vert, Haagens Daes, Old el Paso, Yoplait
  • Heinz
  • Kellogg’s
  • Ocean Spray
  • Pepsico : Pepsi, Tropicana, Lipton Ice Tea
  • Pringles
  • Pampers
  • Schweppes
  • Uncle Ben’s
  • et plein d’autres

Pour aller plus loin

Marie-Monique Robin, Le Monde Selon Monsanto, édition La Découverte, 2009

DATAGUEULE – Monsanto, sa vie, son empire : https://youtu.be/8gJn4EhlsY0

Sources

Sudouest.fr, blogs.mediapart.fr : la mort est dans le pré 1, blogs.mediapart.fr : la mort est dans le pré 2, RTS.ch, Reporterre.net, comment-économiser.fr 

Source de l’image principalehttp://www.bioalaune.com/fr

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1 Commentaire

  1. 21 février 2016 / 19 h 10 min

    Quant je vois les marques que tu sites, utilisant monsantau… Que des choses que nous consommons au moins une fois par jour !

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