Maldives

 

pixabay

 

J’aime les plages de sable blanc, et l’océan d’un bleu turquoise qui se perd à l’horizon. Un paysage magique, luxueux et envoûtant. Des spots de snorkeling et plongée idéaux pour voir des poissons multicolores.. Un transat et des cocktails. C’est l’image qu’on se fait des Maldives, non ?

D’ailleurs, Instagram et les célèbres instagrameuses véhiculent cette image de paradis terrestre :

Maldives 1

Moi, ça me fait rêver. Je m’imagine passer quelques jours à me prélasser dans une suite donnant directement sur l’eau… Pas vous ?

Les Maldives sont composées de 1 199 îles, mais seulement 202 sont habitées. Ouvertes aux touristes depuis seulement 1972, une centaine d’îles se sont transformées en complexe hôteliers de luxe. Et si sur la plupart des photos les plages semblent désertes, on remerciera photoshop : chaque année, environ un million de touristes (pour 350 000 habitants…) affluent aux Maldives. Avec une température qui ne descend jamais en dessous des 26°c, la haute saison et bien, c’est toute l’année !

Malheureusement, les touristes ne voient pas l’envers du décor. Et il est plutôt terrifiant.

 

Une île poubelle

Atlas Obscura - Maldives - Ile Poubelle

Flickr – Hani Amir

A quelques kilomètres de Malé, la capitale des Maldives, se trouve Thilafushi. Si vous êtes en vacances aux Maldives, vous ne verrez jamais cette île, ni sur une carte postale, ni en excursion, ni rien de tout. Et si vous n’en entendez jamais parlé, c’est mieux.

Thilafushi, c’est le dépotoir où les 300 tonnes quotidiennes de déchets produites par les hôtels et les maldiviens sont transférés depuis une décision de l’état en 1991. Il faut savoir qu’un touriste produit en moyenne 3.5 kg de déchets par jourDans un article publié sur Consoglobe, l’auteur explique qu’aux Maldives, le visiteur produit plutôt 7.2 kg de déchets par jour contre 2.8 kg pour les habitants de Malé. Sacrée différence, non ?

Sur place, des employés, dont la majorité vient du Bangladesh, travaille 12 heures par jour et 7 jours sur 7 pour brûler les déchets. Les brûler à l’air libre.

Aujourd’hui, d’autres entreprises sont venues s’installer : production de bateaux, embouteillage de méthane… On y retrouve également une prison !

Au risque et péril des salariés. La fumée noire produite par l’incinération des déchets est toxique et dangereuse. Cela entraîne des problèmes de santé et écologiques très graves.

Dans un article du NouvelObs, un membre du collectif de voyages Atlas Obscura a bien résumé la situation :

« L’activité commerciale ainsi que les décharges incontrôlées ont entraîné une abondance de matières toxiques dans la lagune – bidons d’huile cassés, amiante, plomb, et autres métaux nocifs mélangés aux ordures ménagères quotidiennes créant une boue toxique. Il y a peu d’endroits autour de l’île qui soit non pollué puisque des substances toxiques s’infiltrent dans l’eau et la fumée de la combustion des déchets inonde l’air. »

Pour contrer ce problème, un groupe indo-allemand devait équiper l’île d’une nouvelle machine technologique pouvant détruire les déchets d’une manière plus responsable pour la nature. Presque 10 ans après cette annonce, Thilafushi n’a jamais vu la moindre couleur de cette  machine.

En décembre 2011, le gouvernement a temporairement interdit l’acheminement des déchets vers Thilafushi, à cause d’une forte augmentation de déchets qui flottaient sur l’eau et dérivaient en mer. Mais aujourd’hui, les poubelles de Malé finissent toujours sur cette île…

Atlas Obscura - Maldives - Ile Poubelle

Flickr – Hani Amir

 

Les droits de l’homme ? 

J’ai mis un point d’interrogation à ce titre car aux Maldives, ces droits sont totalement bafoués. Les droits de l’homme n’existent pas, car ils sont remplacés par l’image que les maldiviens se font de la charia.

Il y a bien deux mondes différents réunis aux Maldives. Les touristes, qui se trémoussent en maillot de bain sur les îles hôtels au décor de rêve, et les maldiviens, qui subissent une des charias les plus strictes au monde. Après une crise politique assez surprenante (président et vice président en prison, coup d’état, attentat contre président…), le pays n’est plus une démocratie.

Depuis 2014, la peine de mort est de nouveau autorisé dans le pays. Comme au Texas me direz vous. Et bien, non, pas du tout. Aux Maldives, un enfant de 9 ans peut être condamné à mort, et même à 7 ans s’il a commis un crime grave. Il sera alors exécuté à sa majorité… Quels sont les crimes graves ? Tuer, voler, boire de l’alcool, renoncer à l’Islam…

Et que dire des femmes… En mars 2013, une jeune femme de 15 ans a été victime de viol. A cause de cette “relation sexuelle hors mariage”, elle a été condamnée à recevoir 100 coups de fouet sur la place publique et à 8 mois d’assignation à résidence. Cette histoire, et sa photo ont fait le tour du monde pour sensibiliser les organisations internationales.

La condition des femmes est déplorable. Selon un rapport de l’UNICEF en 2009, 1 femme sur 3 entre 15 et 50 ans a été victime de violences sexuelles ou de viols. Dois-je préciser de plus que le bikini est interdit pour elle ?

Par ailleurs, les Maldives attirent l’Etat Islamique et l’EI (et Daech) attire les maldiviens. Si bien qu’on estimait, en 2015, qu’environ 200 maldiviens (sur une population de 350 000 personnes, je le rappelle) ont rejoint le rang des combattants en Syrie.

 

Faut-il boycotter les Maldives ?

En 2015, les députés européens ont appelé au boycott des Maldives, dont Michèle Rivasi, députée européenne Europe Ecologie-Les Verts (EELV) : “Il y a une telle dictature aux Maldives qu’il faut que le secteur du tourisme se bouge.”

Pourtant, les agences continuent de mettre en avant ces îles, car cette destination, très prisée, leur ramènent pas mal d’argent. Entre argent et éthique, certains ont tranché. Les agences font leur métier de vendre des destinations, et ne souhaitent pas s’occuper de politique, pensant ne pas avoir à prendre partie.

Pour les tour operators, s’il n’y a plus de touristes aux Maldives, on va arrêter d’en parler. Et ça revient à censurer un peuple qui souffre. C’est une jolie façon de voir les choses, mais je pense que c’est surtout un argument pour ne pas culpabiliser. Le peuple est déjà censuré, les journalistes sont attaqués ou alors disparaissent… Je ne suis pas pour l’ingérence, mais je suis pour sauver des populations.

Aujourd’hui, 80% du PIB des Maldives provient du tourisme. Si le boycott est réellement mis en place, ne pensez-vous pas que le pays sera prêt à faire un effort pour le bien être de sa population et surtout, pour que la “quarantaine” soit levée ?

On peut se poser la même question pour d’autre pays, comme la Birmanie, qui offre également un paysage sublime.

 

Qu’en pensez-vous ? 

Personnellement, je n’ai pas envie d’aller aux Maldives. Je ne pourrai pas profiter de mon séjour pleinement en sachant tout ce qu’il se passe. Quitte à partir sur une île paradisiaque, l’Océan Indien offre d’autres propositions tout aussi jolies (Coucou les Seychelles).

Pour moi voyager, c’est également découvrir les coutumes locales, les mythes et légendes, la gastronomie etc… Et même si la politique est limite dans certains pays, on peut réellement apprendre du pays. Mais me prélasser sur une île écran, un paradis en enfer, ce n’est pas pour moi. Peut être d’ici quelques années, quand les conditions se seront améliorées ? (je garde espoir).

 

Je m’excuse pour cet article un peu dur et déprimant, mais il est important d’ouvrir les yeux sur ce qu’il nous entoure… Que ce soit positif ou négatif.

Allez, pour conclure, une jolie photo des Seychelles, aussi prisée pour les voyages de noce et de meilleure réputation ! Une belle alternative aux Maldives 🙂

Seychelles

@bookonin

Je vous invite à me donner votre avis sur le boycott ou non des Maldives 🙂 

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