liberté de la presse

Le mois dernier, Reporter Sans Frontière, que j’admire particulièrement, a publié son classement mondial annuel de la liberté de la presse. Sans surprise, les 5 derniers sont l’Érythrée, la Corée du Nord, le Turkménistan, la Syrie et la Chine. Censure, emprisonnements contestés, propagande… Dans ce pays, le silence pour les contestataires est de mise. La population doit penser et agir comme le chef d’état le souhaite. Tout cela nous semble loin, pour nous, français, si bien qu’il est parfois dur de réaliser ce qu’une dictature et une absence totale de liberté d’expression peut représenter. Les 5 premiers du classement, élèves exemplaires, sont la Finlande, les Pays-bas, la Norvège, le Danemark et la Nouvelle-Zélande. Où se situe donc notre belle France ?

Chine sans liberté

En France, il y a des médias indépendants, on peut manifester, faire la grève (et on le fait pour un oui et un non), accéder facilement à internet et y écrire ce que l’on veut… Mais voilà, tout n’est pas si rose dans l’hexagone. Sur la carte 2016 de RSF, la France est 45e sur 180. Oui, oui, vous avez bien lu, 45e.  L’année dernière notre rang n’était déjà pas très fameux (38e), mais là, c’est pire. Nous perdons 7 places en une année. Le début de 2016 a été marquée bien sûr par l’attentat contre Charlie Hebdo, tuant ainsi huit collaborateurs du journal. Cet acte, controversé, est surtout une atteinte à la liberté. Cependant, ce qui a vraiment fait pesé sur la balance, est d’un tout autre genre.

Ce qu’a constaté RSF, c’est que “l’appropriation des médias par une poignée d’hommes issus de la finance et de l’industrie constitue d’ailleurs la principale raison du recul relatif de la France.” On pouvait déjà le remarquer les années précédentes, mais la tendance s’est accentuée. Des groupes, dont l’activité principale n’a souvent rien à voir avec le journalisme, rachètent des médias. Ceci peut entraîner des conflits d’intérêt, ce qui limitent la prestation des journalistes et ce qui les orientent vers un point de vue qui sert au propriétaire. L’indépendance totale de certains médias est-elle encore possible, alors que tous ont besoin de fonds pour survivre ? La tentation d’être racheté pour la pérennité est bien trop tentante. Heureusement, il existe encore quelques petites sources fiables.

Autre soucis : les agressions des journalistes. Il arrive fréquemment que des journalistes subissent des violences lors des manifestations. Un vrai frein pour le travail. Par ailleurs, les meetings politiques limitent de plus en plus l’accès aux journalistes comme c’est notamment le cas avec le Front National.

Le 24 mai, lors des Mardis de l’ESSEC, Jean-Michel Aphatie, journaliste politique et chroniqueur sur Europe 1, répondra et débattra sur plusieurs sujets relatifs au journalisme en France : Le journalisme est-il indépendant du politique ? Les méthodes de Mediapart sont-elles dignes de celles d’un journaliste ? Les journalistes sont-ils tous de gauche ? Canal+ est mort, vive Canal+ ?
Le journaliste politique est-il un acteur ou un observateur du débat politique ?

Si comme moi, vous ne pourrez pas vous y rendre, pas de soucis, la soirée sera retransmise plus tard sur YouTube.

Que le gouvernement soit de gauche, ou de droite, de gros efforts sont à faire pour la liberté de la presse en France. Nous demandons plus de transparence et une plus grande marge de manœuvre pour ceux qui œuvrent pour nous tenir informés de ce qui se passe dans le monde, sans que l’information soit court-circuitée de sorte à servir à un groupe de personne… A l’approche des élections présidentielles, à nous de ne pas nous laisser influencer et d’approfondir chaque donnée pour se créer notre propre opinion… Et donc éviter les principaux médias ? Peut être bien…

Pour en savoir plus :

https://rsf.org/fr/le-classement-mondial-de-la-liberte-de-la-presse

 

MAJ le 08/07/2016

Je suis tombée sur un schéma très bien fait, illustrant  mes informations sur les propriétaires des médias français.

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